Les Halles de l’immobilier
#Logement #Territoire
Organisée par la FNAIM des Pyrénées-Orientales, le 4 juin 2026 au Château Montana (66).
Animée par Hubert Vialatte, la table ronde a réuni représentants des collectivités, acteurs économiques et professionnels de l’immobilier autour d’un constat partagé : dans un département attractif, les difficultés d’accès au logement se renforcent et nécessitent une meilleure coordination entre acteurs publics et privés.
Au micro :
– Catherine Fondeville, présidente de la FNAIM des Pyrénées-Orientales
– Laurent Gauze, président de la CCI des Pyrénées-Orientales
– Edmond Jorda, président de l’Association des Maires de France des Pyrénées-Orientales et maire de Sainte-Marie-la-Mer
– Gilles Trilles, chargé de la coordination stratégique Politique du Logement et de l’Habitat au Département des Pyrénées-Orientales
– Jean-Philippe Schemla, adjoint au maire de Perpignan délégué au centre-ville et conseiller communautaire de Perpignan Méditerranée Métropole
Remettre le logement au cœur du débat
En ouverture, Catherine Fondeville a appelé à « remettre le L au cœur des préoccupations ». Selon elle, l’arrêt du dispositif Pinel, la hausse des taux et la disparition des investisseurs ont fortement ralenti la production de logements. « Les primo-accédants n’arrivent plus à se loger », a-t-elle souligné, plaidant pour une mobilisation de l’ensemble des acteurs du territoire.
Jean-Philippe Schemla a rappelé que Perpignan accueille chaque année entre 2.000 et 3.000 nouveaux habitants, dans un contexte où la construction ralentit fortement.
Des besoins qui augmentent
Pour Laurent Gauze, un décalage apparaît entre les prix de certains biens et les capacités financières locales. « Les propriétaires vendent cher, mais les accédants n’accèdent plus », a-t-il observé. Il a également alerté sur les besoins futurs liés aux grands projets du territoire : prison, Club Med au Barcarès, rénovation du cœur de ville ou encore investissements au port de Port-Vendres. « Ça va développer l’activité économique (…) il faut pouvoir les loger. »
Même préoccupation pour Edmond Jorda, qui appelle à éviter « un apartheid territorial » entre les ménages les plus aisés et les jeunes actifs. Le président de l’AMF 66 a insisté sur la raréfaction du foncier, les contraintes réglementaires et les difficultés croissantes rencontrées par les maires pour faire aboutir certains projets.
Du côté du Département, Gilles Trilles a évoqué les difficultés de montage des opérations et la recherche de fonciers susceptibles d’accueillir du logement social. Il a également rappelé que le département restait sous-doté pour certains publics, notamment les jeunes, les saisonniers et les personnes âgées.
Construire autrement
Parmi les pistes évoquées, Laurent Gauze a présenté plusieurs priorités : optimisation du foncier disponible, rénovation énergétique, accompagnement des entreprises du bâtiment et nouveaux outils d’aide à la décision comme Montoa.
Edmond Jorda a présenté l’exemple de Sainte-Marie-la-Mer, avec un projet de transformation d’une ancienne résidence de tourisme EDF de 108 logements. L’objectif : proposer des logements pour tous, des résidences seniors et des équipements publics. « On doit se réinventer, construire la ville sur la ville », a-t-il expliqué.
Vers une nouvelle méthode de travail
La soirée s’est conclue par la signature d’une déclaration commune associant la Région Occitanie, le Département des Pyrénées-Orientales, Perpignan Méditerranée Métropole, l’AMF 66, la CCI des Pyrénées-Orientales et la FNAIM 66.
Le texte acte la mise en place d’un cadre de travail partagé destiné à faciliter la circulation de l’information, rapprocher les diagnostics et identifier collectivement les leviers d’action.
Pour Catherine Fondeville, « la situation exige un rapprochement ». La présidente de la FNAIM 66 a appelé à créer davantage de synergies entre les différents acteurs du logement, rappelant le rôle de « tiers de confiance » joué par les 135 adhérents de la fédération dans le département.
Ils en parlent sur les réseaux : Christoph Fütterer (ici).
